MiSE AU POiNT AVANT DE COMMENCER

PAS D'ACCES A INTERNET DE TOUT L'ETE. ON SE VOIT EN SEPTEMBRE !!!



Avant tout, merci d'être ici =)

Je ne me présenterai pas : ceci n'est un blog personnel, et je ne suis pas là pour vous raconter ma vie. Sachez néanmoins que je m'appelle Agathe et que ceci n'est pas ma première fiction. La première, je l'ai supprimé u_u Elle marchait assez bien, j'avais pas mal de visites mais moi je n'avançais plus et je m'ennuyais toute seule xD Bref. Je dois vous informer de plusieurs petites choses.

. Je n'accepte pas les commentaires de publicités. J'adore lire des fictions, là n'est pas le problème. Mais je ne supporte pas les commentaires de certain(e)s sur le premier article du genre « Chouette ton blog viens voir le mien, les coms sont rendus. Bizzz ». En revanche j'accepte tous les amis (si votre blog est une fiction) et j'irai lire vos fictions avec plaisir si elles m'intéressent. Pour mes coups de c½ur, voyez mes blogs préférés.

. Je n'écris pas cette fiction pour la gloire, je ne recherche pas le plus de commentaires possibles (bien que cela fasse toujours plaisir d'en avoir) donc je ne vous demanderai jamais de mettre un tel nombre de commentaires pour avoir la suite, question de principe.

. J'accepte toutes les critiques, bonnes ou mauvaises, pour peu qu'elles soient fondées et justifiées.

. Pour ce qui est des mises à jour, j'avoue que la régularité n'est pas forcément mon fort. Je travaille à l'inspiration, et quand elle ne vient pas directement je ne peux pas me forcer à écrire. Le résultat serait minable. Et il est exclu que je vous poste une suite que je trouve moi-même minable, parce que je suis affreusement perfectionniste.

. Je vous demande de respecter mon travail : pas de plagiat.

. Pour les fautes d'orthographes, je fais de mon mieux. La plupart sont des fautes d'étourderies mais je ne crois pas en faire tant que ça. Néanmoins si quelque chose vous gêne, n'hésitez pas à me corriger.

. Je réponds à toutes les questions au fur et à mesure qu'on me les pose. Sauf bien sûr celles qui concernent la suite de l'histoire (!).

. Ce n'est pas une fanfiction. Il y a un personnage important qui est une personne réelle mais, même si je l'admire, je ne suis pas fan de lui (vous comprendrez pourquoi quand vous saurez qui c'est, et ceux qui ont lu le résumé ont sûrement compris).

. Les images n'auront généralement aucun rapport avec le chapitre ;-)


Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.




_- _- _- _- _-

____A.____
____A.____
____A.____

_- _- _- _- _-

# Posté le mardi 01 juillet 2008 12:46

Modifié le samedi 04 juillet 2009 10:21

PROLOGUE

PROLOGUE





Il était seize heures et le soleil se faisait discret en cette journée fraiche de mars. Dans les bureaux du siège social de la Microsoft Corporation, à Redmond, Washington, aux Etats-Unis, une femme d'âge mûr pénétra dans une pièce immense. Blonde, la quarantaine bien tassée, elle fit le tour du lieu, activement.

- Bill ? Tu es là ?

Personne ne répondit. Agacée, elle sortit du bureau et entra en trombe dans celui d'à côté. Elle s'adressa à la jeune femme, qui tapait frénétiquement sur le clavier de son ordinateur.

- Je m'en voudrais de vous déranger, Linnet, mais ne sauriez-vous pas où je peux trouver mon mari ? Nous devions aller acheter le cadeau d'anniversaire de Jennifer.
- Comment, Monsieur Gates n'est pas avec vous, Melinda ? Il m'a pourtant averti qu'il vous rejoignait en bas. Il y a de ça quarante-cinq minutes.
- Oui, je l'ai attendu tout ce temps mais je ne l'ai pas vu.


Melinda commençait doucement à paniquer. Il n'y avait rien de très rassurant à l'idée qu'un des hommes les plus riches du Monde ait disparu. L'assistante de Bill Gates, qui gérait son emploi du temps et, ainsi, qui savait en temps normal, exactement où se trouvait le patron de Microsoft, tenta de rassurer son épouse.

- Ne vous inquiétez pas, je suis certaine qu'il ne lui est rien arrivé.

Elle se mordit la lèvre, semblant se demander si ce qu'elle s'apprêtait à dire était correct ou non.

- Vous savez, Melinda, se lança-t-elle, j'ai l'impression qu'en ce moment Monsieur Gates est fatigué. Je dois vous dire que ce n'est pas la première fois qu'il disparaît ainsi. Il l'a déjà fait rien que trois fois cette semaine. Il finit toujours par revenir, bien entendu, mais il semble souvent ... ailleurs ces jours-ci. Je vais appeler la sécurité, pour voir s'il n'est pas sorti.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle avait décroché le téléphone et discutait avec Max, le chef de la sécurité. Elle avait le sourire aux lèvres en raccrochant.

- Max n'a vu personne sortir des locaux, et une seule personne y entrer, vous-même. Je suis persuadée qu'il est parti se promener dans le bâtiment, il va bien finir par revenir.
- Merci, Linnet. Je vais l'attendre alors.
- Je vous en prie, asseyez-vous sur le divan, derrière vous. Je me disais ... bon je sais bien que je n'ai pas à interférer dans les affaires de Monsieur Gates mais ...


Elle hésita quelques instants. Melinda haussa un sourcil et l'encouragea à poursuivre.

- Allez-y Linnet, dîtes-moi le fond de votre pensée. Vous avez toujours été de bon conseil.
- Je vous remercie. En réalité, peut-être que je pourrais alléger l'emploi du temps de Monsieur Gates. Cela lui permettrait de souffler.
- Je suis d'accord avec vous ; Bill me semble plus que fatigué en ce moment. Mais je ne suis pas sûre qu'alléger son emploi du temps y change quelque chose. A vrai dire, il prend sa retraite cette année et j'ai le sentiment que l'inactivité lui fait peur. Il souhaite s'investir davantage dans la Fondation mais il n'a pas de projet défini et cela l'angoisse : pour la première fois de sa vie il ne sait pas quoi faire et la fortune ne peut pas arranger ça.


Linnet ne répondit pas : qu'aurait-elle pu répondre ? Elle aurait souhaité aider Bill Gates mais elle n'avait pas les cartes en main pour cela. Elle se retourna vers son ordinateur et soupira.

- De toutes manières, je crois que l'idée d'alléger son emploi du temps est illusoire. Il a tellement de travail avant son départ que cela me semble impossible.

Melinda sourit. Elle voulait bien le croire, que son mari avait beaucoup de travail. Elle le voyait de moins en moins, alors vivement sa retraite. Elle se leva du divan.

- Je vais vous laisser travailler, Linnet. Je vais aller me promener sur le toit, peut-être trouverais-je mon mari, avec un peu de chance.

Elle lui adressa un signe de la main et sortit du bureau. En montant sur le toit du bâtiment, qui offrait une vue remarquable, elle songea que son mari était décidément un énergumène de première catégorie : il avait travaillé toute sa vie comme un forcené et prendre sa retraite l'angoissait terriblement, alors que quiconque aurait été soulagé de pouvoir s'arrêter. Mais le côté actif de son mari plaisait énormément à Melinda Gates. Enfin arrivée tout en haut, elle sourit largement en trouvant Bill, assis par terre, le nez dans un bouquin d'histoire pour lycéens. Décidément, il la surprendra toujours. Il était tellement concentré qu'il ne la remarqua que lorsqu'elle s'adressa à lui.

- Alors tu m'oublies pour un livre d'histoire ?

Bill releva la tête et sembla surpris de la voir. Il avait vraiment une tête d'enfant pris en flagrant délit.

- Mon Amour, tu m'attendais ?
- On avait rendez-vous, tu ne te souviens pas ?
- Si bien sûr, mais je n'ai pas vu le temps passé.
- Ton livre est si intéressant que ça ? Qu'est-ce que tu trouves de bien là-dedans ?
- Ecoutes ça : « Samuel P. Huntington : professeur à l'université de Harvard (Etats-Unis) où il dirige le John M. Olin Institute for Strategic studies. Il a été expert auprès du Conseil national américain de sécurité sous l'administration Carter. Il est le fondateur et l'un des directeurs de la revue Foreign Policy. Son ouvrage, intitulé « le choc des civilisations » l'a rendu célèbre. »
- Super,
répliqua Melinda, sans grand enthousiasme.
- Ce type a décrété qu'il y avait sept aires de civilisation dans le Monde : la civilisation chinoise et japonaise, la civilisation indienne, la civilisation islamique, la civilisation occidentale, la civilisation africaine, la civilisation latino-américaine et enfin la civilisation slave.
- Et alors ?
demanda Melinda, qui commençait à s'impatienter.
- Et alors ça m'a donné un idée. Et voilà, ça y est, j'ai un projet pour a fondation Gates !

Melinda soupira. La retraite de son mari n'allait pas être tranquille. Mais ne l'avait-elle pas toujours su ?

- Bon allez, explique-toi.
- C'est simple : je souhaite que la jeunesse s'intéresse à la question humanitaire. Donc je vais proposer à huit jeunes du Monde entier - un par aire de civilisation et un américain, parce que j'aime mon pays - de participer à un projet humanitaire de grande envergure. Ils me suivront pendant un an – ou même deux – autour du globe et nous élaborerons des projets environnementaux, sanitaires etc.


Melinda éclata de rire. C'était vraiment n'importe quoi, peut-être Bill était-il encore plus fatigué qu'elle ne le pensait ?

- Qu'est-ce qui te fait rire ? s'étonna ce dernier.
- Mais Bill voyons, c'est impossible ce que tu me raconte là. Qui voudrait sacrifier un an ou – encore pire – deux ans de sa vie à cet âge là ? Et les études ? Tu ne penses tout de même pas que les parents seraient d'accord pour lâcher leurs enfants comme ça dans la nature.
- Mais je suis on ne peut plus sérieux. Je suis sûr que cela intéresserait beaucoup de jeunes. Et puis tout ça va se faire progressivement. Je ne vais les arracher à leur famille du jour au lendemain. Il faut d'abord que nous récoltions de l'argent etc. Ils auront du temps pour s'habituer au fait qu'ils devront quitter leur famille. Oui, ça me semble tout à fait possible, et j'espère bien que tu vas me soutenir.


Melinda soupira. Son mari avait vraiment une âme de gamin, dès qu'il avait un projet en tête, rien en pouvait l'en détourner. Il irait jusqu'au bout, elle le savait. Elle tapota distraitement le bras de Bill en souriant.

- Bien sûr que je te soutiendrai. Bien sûr ...









_- _- _- _- _-

____A.____
____A.____
____A.____

_- _- _- _- _-

# Posté le mardi 01 juillet 2008 13:09

Modifié le lundi 09 février 2009 10:56

CHAPiTRE PREMiER : AVANT-GOUT DRAMATiQUE

CHAPiTRE PREMiER : AVANT-GOUT DRAMATiQUE






Le réveil sonna un peu trop tôt à mon goût. J'ouvris péniblement les yeux. Dans la nuit, j'avais tellement bougé que ma couette et mon oreiller avaient fini par terre. Je les ramassai et me rendormis aussitôt. Tant pis pour le lycée, Mme Volner, ma prof de philosophie, pouvait bien se passer de moi ce matin. Je repartis sans résistance dans les bras de Morphée.
Malheureusement, quelqu'un en avait décidé autrement. Un quart d'heure après mon réveil, ce fut mon père qui se manifesta pour me sortir de mon état comateux. Comme chaque matin depuis huit mois. Comme chaque matin depuis que toi, Blanche, tu ne peux plus le faire. Il entrouvrit la porte doucement, comme s'il avait peur de se faire attaquer. Après tout, il avait raison, j'étais plutôt d'une humeur belliqueuse le matin.

- Caprice, chuchota-t-il. Caprice, réveille-toi ou tu vas encore louper ton bus.
- M'en fous,
grognai-je, bien décidée à faire fuir l'envahisseur qui m'empêchait de faire la grasse matinée.
- Tu as philo ce matin, c'est pour ça.

Ce n'était pas une question, plutôt une constatation. Il savait ô combien je pouvais détester les cours de philo. Il soupira et tenta de me motiver.

- Allez, lève-toi ou ... ou tu seras privée de sortie.

Je ris doucement dans ma barbe. S'il croyait me faire sortir avec une menace pareille, il se fourrait le doigt dans l'½il jusqu'au coude : je ne sortais pour ainsi dire, jamais. Une vraie no life. Et le pire, c'était qu'il le savait. Mais mon père était plus malin que moi, semblait-il.

- Et quand je dis plus de sortie, j'inclus aussi les sorties à l'atelier.

Je me redressai vivement, indignée. Il n'avait pas le droit de me priver de ça. Si je n'avais plus le droit d'aller à l'atelier, je n'avais aucun moyen de voir Antoine. Et sans Antoine, je céderais à la dépression qui me guettait depuis huit mois.

- Bon t'as gagné. Je me lève.

Mon père sourit, style « je suis le plus fort », et referma la porte derrière lui. Je pris une profonde inspiration et me levai d'un bond. Comme ça, c'était fait. Me frayant un chemin entre les fringues, les bouquins et autres choses non-identifiées qui donnaient à ma chambre l'aspect d'un champ de bataille, j'allai ouvrir les volets. En cette journée de Mars, le soleil ne semblait pas encore décidé à se montrer. D'énormes nuages noirs annonçaient des pluies torrentielles pour la journée. Chouette. Je soupirai et partis d'un pas traînant en direction de la douche. Je ne devais pas traînasser, je savais que mon père tendait l'oreille pour surveiller si je lui obéissais. Enfin sortie de la salle de bain, je le rejoignis dans la cuisine. Il m'attendait en lisant le journal. Je remarquai qu'il m'avait préparé mon chocolat chaud, mes tartines de Nutella et m'avait même pressé une orange fraîche. Je souris : un manière de se faire pardonner son chantage mesquin de tout à l'heure, peut-être ?

- Plus que cinq minutes, grommela mon père de derrière son journal.

Merde. Moi qui adorais manger, j'allais devoir me dépêcher d'avaler mon petit-déjeuner. Dix minutes plus tard, je sortais en trombe de la maison et attrapais mon bus de justesse, n'ayant pu me résoudre à choisir entre les tartines de Nutella et mon chocolat chaud.
Lorsque j'arrivai au lycée une demi-heure plus tard, il pleuvait à verse, comme je l'avais présagé. Je m'enfonçai sous ma capuche avant de sortir du bus et de courir sous le préau du lycée. J'y arrivai trempée, bien sûr, et entrepris alors de me fondre dans la masse, comme tous les jours. Ce n'était pas bien difficile : mon look n'avait rien qui puisse attirer le regard. Aujourd'hui comme tous les jours je portais un jean, un t-shirt et un sweat-shirt à capuche. Je n'avais que ça dans ma penderie : des jeans, des t-shirt, et des sweat-shirt à capuche. C'est ce qui me plaisait, je ne voyais pas pourquoi je changerais. Je repérai dans la foule une jeune fille brune, aux cheveux coupés au carré, qui courait vers le préau en fronçant son petit nez en trompette parsemé de tâches de rousseur. Lou-Anne. Je souris et me dirigeai vers mon amie.

- Salut, Lou-Anne, la saluai-je.
- Salut, me répondit-elle d'un ton morne.

La pluie la mettait toujours de mauvaise humeur. Mais ce qu'il y avait de bien chez elle, c'était que sa mauvaise humeur ne durait rarement plus de cinq minutes.

- Quel sale temps, dis-je d'un ton enjoué car j'adorais la pluie.
- Tu parles.
- C'est ce qui m'a mis de bonne humeur ce matin. J'avais deviné qu'il allait pleuvoir.
- Et pourquoi tu n'as pas pris de parapluie ?
- Parce que le seul que j'ai date de l'âge de cinq ans. Il est rose avec de jolie petites oreilles de cochon. C'est ridicule.


Elle éclata de rire. Enfin. Je vous l'avais bien dit, que sa mauvaise humeur ne durait pas. Malheureusement, malgré la pluie, mon humeur à moi allait forcément tourner au vinaigre : le cours qui nous attendait était celui de Mme Volner. La philosophie. Lou-Anne semblait penser à la même chose que moi.

- C'est parti pour trois heures d'ennui total.

Nous montâmes au deuxième étage. Trois heures, oui. Ca promettait d'être long, comme tous les Mercredis. Nous étions en Terminale littéraire, la philo était censée être une matière intéressante pour nous – nous en avions quand même huit heures par semaine – mais Lou-Anne et moi ne trouvions aucun intérêt à se poser toutes ces questions inutiles et compliquées. C'est donc en traînant des pieds que nous nous installâmes dans la salle de classe. Je sortis directement mon cahier et entrepris de gribouiller la couverture. Trois heures passèrent ainsi, désespérément longues. Je commençais à me dire que jamais je ne sortirais de cette salle de cours, lorsque retentit enfin la sonnerie qui annonçait la fin de notre torture.

- Ouf. Je n'en voyais pas le bout, déclara Lou-Anne, rejoignant le fond de ma pensée.

Nous sortîmes. Dehors, la pluie avait cessé, à la plus grande satisfaction de Lou-Anne qui manifestait bruyamment sa joie, comme d'habitude. Lorsque nous franchîmes le portail, nous retrouvant dans la rue, nous croisâmes Jules Tassoni, le mec le plus populaire du lycée, qui faisait craquer toutes les filles. Tout le monde rêvait de traîner avec lui, parce qu'il était « tellement cooool ». Pfff. Tout ça me déprimait. A vrai dire, ce garçon ne s'intéressait à personne, c'est à peine si je l'avais vu adresser la parole à quelqu'un cette année. Cela me semblait être le signe d'une haute estime de soi, que d'ignorer les autres. Oui voilà, ce type me paraissait hautain. Je passai donc devant lui sans le regarder, ce que Lou-Anne, au contraire, ne manqua pas de faire. Et oui, comme toutes les autres, elle avait le béguin pour lui. Vraiment ridicule. Je lui dis au revoir et montai dans le bus qui me ramènerait chez moi. Lou-Anne me fît un signe de la main puis disparut au coin de la rue. C'était vraiment une fille très gentille, mais je n'étais pas vraiment proche d'elle. Nous étions trop différentes. Elle aimait sortir, elle riait tout le temps, elle flashait sur le beau mec du lycée comme tout le monde, elle s'habillait de façon excentrique – du moins plus que moi. J'étais persuadée que nous n'avions pas le même point de vue sur la vie. C'était une amie. Enfin peut-être. Un agréable camarade de classe, on va dire. Je savais que de son côté, elle ressentait la même chose. Elle avait ses amies dans un autre lycée. Disons que nous nous accompagnions mutuellement à travers cette année difficile qu'est la terminale. Mais jamais je ne l'avais vue en dehors des heures de cours. J'arrivai chez moi, déposai mon sac dans l'entrée avant de ressortir. J'allais retrouver mon père et Antoine dans leur atelier, de l'autre côté de la rue. Mon père était charpentier. Il avait fondé sa propre société et Antoine, qui avait vingt et un ans, était son unique salarié, quoique des appentis allaient et venaient au fil des mois. Justement, lorsque j'entrai dans l'atelier, ne manquant pas de me prendre les pieds dans une espèce de perceuse qui n'en était pas vraiment une, Antoine discutait avec un type qui devait avoir dans les seize ans et qui cherchait certainement un patron pour son CAP ou son BEP. Je pris la discussion en cours de route.

- ... vraiment génial de travailler ici. Le patron est sympa, et toute sa famille aussi. Bon à part peut-être sa fille qui est vraiment un emmerdeuse de première ...

L'enfoiré. J'étais sûre qu'il m'avait entendu rentrer en plus. L'apprenti leva les yeux vers moi et me regarda d'un air interrogateur.

- Vous êtes ... ? me demanda-t-il.
- La fille du patron, dis-je ironiquement.

L'apprenti rougit, affreusement gêné. Antoine, en revanche éclata d'un rire tonitruant, fier de son coup. Le bougre.

- Ah ça te fait rire ?

Je lui courus après et n'eus pour une fois aucun mal à le rattraper car il n'avait pas noué ses chaussures. J'entrepris de le faire tomber et de le chatouiller, sachant que c'était son point faible. Il hurlait de rire en me suppliant d'arrêter. Mais je ne comptais pas abandonner si tôt.

- C'est qui l'emmerdeuse maintenant ? dis-je avec une expression de vainqueur sur le visage. Hein ? Allez, retire ce que tu viens de dire.
- Arrête ! Arrête Blanche, s'il te ...


Ces mots me firent l'effet d'une décharge électrique. Je me levai d'un bond et le toisai froidement. J'étais à la fois sous le choc, et en même temps hors de moi par ce qu'il venait de dire. Comment osait-il m'appeler Blanche ? Comment pouvait-il prononcer ce nom devant moi ? Antoine s'était arrêté en plein milieu de sa phrase. Il ne riait plus maintenant. Il semblait mortifié par ce qu'il venait de dire. Il se releva péniblement.

- Caprice ... je suis désolé.
- Pas autant que moi,
répliquai-je d'un ton qui se voulait assuré.

En réalité, je tremblais de colère. Je tournai les talons et, passant devant le nouvel apprenti qui ne captait plus rien, je sortis. J'entendis Antoine qui m'interpellait mais je ne voulais surtout pas lui parler. Je me mis à courir. Arrivée au bout de la rue, je pris à droite et me dirigeai vers le parc. Je courus pendant plus d'une heure, ressassant mes idées noires. Je sais, vous allez vous dire que je suis bizarre. Vous vous demandez pourquoi je réagis aussi brusquement alors qu'Antoine s'était juste trompé de nom. Eh bien il peut m'appeler Hortense, Geneviève, Madeleine. Il peut m'appeler comme il veut mais pas Blanche. Surtout pas Blanche. Je me mis à pleurer toutes les larmes de mon corps. Les larmes coulaient, coulaient. Sans s'arrêter. Elles semblaient ne jamais vouloir me laisser de répit. Il me semblait, à moi, que j'allais me noyer dans mes propres larmes. Je savais que c'était là le premier pas vers la guérison. Je savais que ce n'était pas normal que je commence à pleurer aujourd'hui, huit mois après. Disons qu'avant je n'arrivais pas à accepter ta mort, Blanche. Je me révoltais contre cette évidence, contre le con là-haut qui t'avait ramené à lui. C'était pourtant bien légitime qu'il ait besoin de toi. Alors au lieu d'être triste, ou même déprimée, j'étais en colère. Oui, j'avais une colère terrible enfouie en moi. Et aujourd'hui j'extériosais, j'évacuais toute cette colère, laissant place à la tristesse. Il m'avait fallu huit mois, huit longs mois pour y arriver. Mais je ne perdais pas espoir, je savais que j'allais guérir. Maintenant, j'avais un ange gardien là-haut pour m'aider à surmonter ma peine.
Je continuais à courir – ce qui m'étonnais moi-même car je n'étais pas du tout une sportive – et sortis du parc, voulant rentrer chez moi. Mais devant la grille je me stoppai net. Devant moi, quelqu'un était venu me chercher. Il était adossé contre la voiture – quel feignant, le parc n'était qu'à cinq minutes de la maison – et semblait m'attendre tranquillement. Mon frère. Il leva ses yeux verts en amande lorsque je me dirigeai vers lui. Seulement en voyant mon visage inondé de larmes, il perdit toute sa tranquillité et se précipita vers moi pour me serrer contre son torse. Il était grand – il devait faire un bon mètre quatre-vingt-cinq – et je me laissai aller contre son épaule.

- Caprice ... murmura-t-il, tellement désolé par ce qu'il voyait.
- Gabin ... Oh Gabin, elle est morte. Elle est morte. Elle ne reviendra plus. Plus jamais.

Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi, serrés l'un contre l'autre. Je ne cessai de répéter « Elle est morte. Plus jamais. Jamais » entre mes sanglots. Et même lorsque la pluie arriva et que nous fûmes complètement trempés nous ne bougeâmes pas. Nous continuâmes à pleurer cette s½ur tant aimée et disparue, que plus jamais nous ne reverrions.








_- _- _- _- _-

____A.____
____A.____
____A.____

_- _- _- _- _-

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 10:42

Modifié le lundi 09 février 2009 11:04

CHAPiTRE PREMiER : AVANT-GOUT DRAMATiQUE

CHAPiTRE PREMiER : AVANT-GOUT DRAMATiQUE








Je me réveillai en sursaut. J'étais au chaud, dans mon lit, en sécurité. Je regardai mon réveil : il était vingt et une heures. Avec l'impression d'avoir fait le pire cauchemar de ma vie, je me relevai et m'adossai contre le mur. Je respirai un grand coup.

- Tu es réveillée, Caprice.

La voix de ma mère parvint à mes oreilles encore endormies. Je sursautai légèrement. Je ne l'avais pas vue. Elle était assise dans le fauteuil, au coin de ma chambre, les genoux relevés sous son menton.

- Maman ? Maman, que se passe-t-il ? Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ?
- Tu t'es évanouie. C'est ton frère qui t'as ramené. Je vais le chercher.


Elle se leva et sortit de la pièce, avec grâce. Je restai seule. Mon ventre émit un gargouilli. Je n'avais pas mangé depuis le matin. Soudain, je reçus comme un coup de poing dans le ventre. Les évènements de la journée me revinrent en mémoire. Sous le choc, je revis Antoine m'appeler Blanche. Je me revis courir dans le parc, puis trouver mon frère et pleurer avec lui. Et puis me voilà de retour dans ma chambre. Je ne me souvenais pas du retour à la maison. J'avais dû dormir tout l'après-midi. La porte s'ouvrit et Gabin entra dans ma chambre. Il vint d'asseoir à côté de moi sur le lit.

- Comment te sens-tu ?
- Bizarre. Gabin, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Tu ne t'en souviens pas ?


Je secouai la tête, négativement.

- Tu te souviens avoir pleurer ?
- Oui. Mais je ne me souviens pas du retour.
- Tu t'es évanouie. Après avoir pleuré pendant quarante-cinq bonnes minutes, tu t'es évanouie dans mes bras. C'est moi qui t'ait ramené dans ton lit. Maman t'as mise en pyjama et c'est elle qui est restée à ton chevet toute la journée. Le médecin a diagnostiqué une grande fatigue et une pneumonie, sûrement due à la saucée qu'on s'est pris tout à l'heure.
- Vous avez appelé le médecin ?!
m'exclamai-je.
- Tu ne te réveillais pas. On s'inquiétait.

Il passa une main protectrice dans mes cheveux et déposa un baiser sur ma joue toute chaude.

- Alors ça y est, tu commences à guérir ?

J'acquiesçai, silencieusement. J'avais les larmes aux yeux.

- Gabin, ça fait tellement mal, finis-je par dire.
- Je sais. Je sais ... chuchota-t-il en me berçant et en me consolant pour la deuxième fois de la journée. C'est normal que tu pleures. Il était temps.
- Mais toi, Gabin, toi tu n'as pas pleuré. Alors pourquoi ne suis-je pas assez forte pour moi aussi affronter ça ?
- J'ai pleuré tous les soirs pendant un mois. Je faisais des cauchemars. J'étais somnambule aussi. Combien de fois je me suis réveillé en pleurs dans le lit de Blanche ... J'étais pitoyable.
- Tu ne me l'as jamais dit ...
- Tu refusais catégoriquement d'en parler. Je savais que tu te braquerais si j'essayais d'aborder le sujet.


Je soupirai. Il avait tellement raison.

- Et ça a été quoi le déclic ? demanda-t-il.
- Antoine. Il m'a appelé Blanche. Je crois que c'est la première que quelqu'un prononçait ce nom devant moi depuis huit mois.
- Antoine ... Il est passé dans l'après-midi. Je crois qu'il espérait que tu lui pardonnes. Il a été paniqué d'apprendre que tu avais une pneumonie et que tu ne te réveillais pas.


J'acquiesçait silencieusement. Pour le moment, les états d'âmes d'Antoine ne m'intéressaient que vaguement, à vrai dire. Gabin se leva et se dirigea vers la porte.

- Je vais te laisser te reposer, me dit-il. Dors, petite s½ur.

Je ne me le fis pas dire deux fois. Morphée m'accueillit à bras ouverts. Le lendemain, ainsi que jours suivants, je ne fis que dormir, manger, dormir, manger. Les rares fois où je ne dormais pas ni ne mangeais, je restai inerte dans mon lit à fixer le plafond. Mon père, ma mère et mon frère se succédaient à mon chevet. Antoine n'osa pas se manifester. Le désespoir me terrassait. Je subissais, huit mois après, le contre-coup de la mort de ma s½ur, de mon double. Car oui, Blanche et moi étions jumelles. On était parfaitement semblables physiquement, en tous points. Mais on avait rarement vu des jumelles au caractère si différent. Et on avait rarement vu deux personnes si différentes s'aimer autant. Elle avait hérité de la grâce incroyable de ma mère alors que j'avais hérité de la gaucherie de mon père. Elle était paisible, patiente et souriante comme mon père ; j'étais hyper-active, impatiente et j'avais un caractère de cochon, comme ma mère. Elle était sociable, comme ma mère, j'étais renfermée, comme mon père. Alors oui, d'un point de vue du caractère nous étions vraiment différentes. Mais physiquement, nous nous ressemblions tellement ... Plutôt grandes, minces, nous avions les cheveux longs et blonds, avec les yeux verts en amande de notre père. Mais je n'avais jamais su me mettre en valeur et disparaissais volontiers dans la masse, alors que Blanche resplendissait et sortait vraiment du lot.
Alors, seule dans mon lit, je tentais inlassablement d'accepter l'inacceptable, de concevoir l'inconcevable, du surmonter l'insurmontable. Tantôt je me débattais contre l'affreuse vérité, tentant de l'évincer, cherchant des réponses que je n'aurais jamais, tantôt je m'effondrai en larmes, incapable de résister à ce poids qui s'abattait sur moi. C'est ainsi qu'une semaine passa, puis deux. Au bout de quinze jours, Gabin décida qu'il était temps que je sorte de cette chambre. Il me poussa dehors, pour que ma mère puisse faire le ménage. J'étais complètement amorphe, déconnectée de la réalité. Je m'assis sur le canapé et allumai la télévision. Je zappai plusieurs fois. Il était treize heures, je décidai donc de regarder les informations, tentant de me reconnecter avec la réalité. Le présentateur regardait la caméra d'un ton morne et lisait son prompteur.

- ... moiselle, monsieur, bonjour. Bienvenue dans votre édition du treize heures. Commençons par les titres. Bill Gates, le célèbre PDG de la Microsoft Corporation, a annoncé qu'après son départ à la retraite, en juillet cette année, il s'investira davantage avec sa femme, Melinda, dans la Fondation Gates, Fondation humanitaire qu'ils ont créés en 2000.
- Qu'est-ce que c'est que ces conneries,
dis-je dans ma barbe. Ils n'ont donc rien de plus important à raconter ?
- Laisse,
dit mon frère, alors que j'allais zapper. Ca m'intéresse.

Je soupirai et me concentrai sur le reportage. Il semblait que Bill Gates avait décidé de monter un projet humanitaire avec huit jeunes, en se basant sur je ne sais quel historien qui avait travaillé sur des « aires de civilisation ». Apparemment il allait proposer à un américain et à sept autres jeunes du Monde entier de participer à ce projet. Le tirage au sort avait commencer et il y aurait un japonais, un indien, un égyptien, un français, un ghanais, un argentin et un russe.

- La France a donc été choisie. Deux autres tirages au sort vont être effectués : tout d'abord celui qui déterminera le lycée du futur candidat et enfin, celui, à l'intérieur du lycée, qui déterminera l'élève choisi. Voici donc une bonne nouvelle qui va faire rêver des millions de jeunes français et françaises, conclût le présentateur, fier de lui.

A cet instant, ma mère entra dans la pièce.

- C'est pas mal comme idée, s'exclama-t-elle.
- Des conneries, oui, dis-je avant de retourner dans ma chambre.

Après cette brève excursion dans mon salon et ce bref contact avec la réalité, je devais avouer que je me sentais beaucoup mieux. Je tentai avec succès une expédition courses avec ma mère. Cependant, même si moralement j'allais un peu mieux, j'étais toujours assez faible physiquement. La pneumonie m'avait ravi toutes les couleurs de mes joues. Je restai donc chez moi pendant trois semaines. Echapper aux cours de philo tout ce temps fut un vrai bonheur, cependant toutes les bonnes choses ont une fin. Le 23 mars, j'allai beaucoup mieux et pouvait retourner au lycée. La veille au soir, mes parents et mon frère étaient de sortie. Je restai donc seule avec mon plateau télé. Je regardais le résultat du premier tirage au sort de cette histoire de projet humanitaire avec Bill Gates. C'était ce soir là qu'on allait savoir dans quel lycée le représentant français allait être choisi. Mais, avant de savoir le résultat, on sonna à la porte. J'hésitai. L'idée d'aller ouvrir dans mon pyjamas en laine, avec des guêtres et des chaussettes de ski, ne m'enchantait pas vraiment. Je me dirigeai vers la porte, maudissant celui qui venait me déranger à cette heure-ci. Mais en regardant à travers le judas, je m'aperçus que c'était Antoine. Le rouge me monta aux joues : nous ne nous étions pas parlé depuis l'incident. J'inspirai un grand coup et ouvris la porte. Il semblait anxieux. Il me regarda sans dire un mot. L'imitant, je lui indiquai silencieusement de rentrer. Une fois dans l'entrée, nous nous dévisageâmes longuement. Il était mignon comme ça, avec ses yeux d'un bleu profond qui me transperçaient, ses boucles brunes dépassant de sous son bonnet en laine grise et sa peau mate, qui détonnait avec le climat glacial de la saison. Nous étions tous les deux gênés et aucun des deux n'osait ouvrir la bouche. Finalement, nous nous mîmes à parler en même temps.

- Je suis désolée ... commençai-je en même temps que lui.

Nous nous regardâmes, surpris, puis, devant le ridicule de notre situation, nous éclatâmes de rire. Rien de plus efficace pour rompre la glace. Et le voir rire me donnait du baume au c½ur. En reprenant notre sérieux, il me dévisagea d'un air grave et me prit les mains.

- Je voulais te dire que j'étais vraiment désolé pour l'autre jour. Ca m'a échappé, je ne voulais pas te faire de la peine.
- Je sais. C'était la première fois que le nom de Blanche était prononcé devant moi depuis huit mois. Ca a été un véritable électrochoc. Je me suis effondrée. Après, j'ai été deux semaines complètement anéantie. Je crois que je n'avais jamais accepté sa mort. Mais grâce à toi, j'ai pu commencer à faire mon deuil. Merci, Antoine. Et moi aussi je suis ... désolée.


Il me sourit et me tendit les bras. Je m'y jetai sans retenue, me blottissant contre son torse, respirant son parfum si agréable, qui me donnait un sentiment de sécurité complet. Je finis par me détacher de lui et lui sourit de toutes mes dents. Il éclata de rire.

- Ah j'aime mieux ça, me dit-il, joyeux. Ma chérie, ne m'en veux pas mais j'ai promis à ma mère de l'emmener au restaurant ce soir.
- File alors,
répondis-je sans hésiter. On discutera plus tard.

Il déposa un doux baiser sur le haut de mon crâne, me sourit une dernière fois et sortit en vitesse de la maison. Je restai pendant plusieurs minutes debout dans l'entrée, en souriant de béatitude, enfin paisible avec moi-même. C'est ce soir-là que je me rendis compte à quel point Antoine était important pour moi, pour mon bonheur.
Plus tard, alors que je m'étais couchée, je repensai au projet humanitaire de Bill Gates. Cela me semblait plus une si mauvaise idée finalement. Je réalisai que je ne savais pas quel lycée avait été tiré au sort. Je m'endormis en me disant que demain, je n'aurais qu'à demandé à Lou-Anne.







_- _- _- _- _-

____A.____
____A.____
____A.____

_- _- _- _- _-

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 10:50

Modifié le lundi 09 février 2009 11:05

ANNUAiRES

Bonjour tout le monde !

Je me suis inscrite sur un annuaire : annuaire-fic-UNIQUE. Vous pouvez aller me noter ou simplement me critiquer. C'est le moment d'être franc, n'hésitez pas =)
Evaluation : vous notez l'écriture (1 point) ; le style (1 point) ; le scénario (1 point) ; l'originalité (1 point) ; le look (1 point) ; et enfin l'intérêt (1 point). Le tout sur six points (logique quand on fait le calcul).

Je n'ai pas beaucoup de lecteurs pour l'instant, mais les quelques commentaires que j'ai reçu m'ont fait très plaisir. Je vous remercie tous ! Je suis pressée de lire vos fictions, mais je vais fêter mon bac d'abord. M'en voulez pas =D



J'vous aime déjà.









_- _- _- _- _-

____A.____
____A.____
____A.____

_- _- _- _- _-



Note : Je me suis également aussi inscrite sur cet annuaire x-annuaiire-x3

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 12:19

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 15:47